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Par ces voix de fougères qui te sont familières (Sylvestre Clancier)
Par ces voix de fougères qui te sont familières (Sylvestre Clancier)

Sylvestre Clancier

Par ces voix de fougères qui te sont familières

poèmes

EditeurLa rumeur libre

CollectionPlupart du temps

Date de parution06/2017

ISBN/code barre978-2-35577-144-6

Format (mm)141 x 192

ReliureCahiers cousus, couverture avec rabats

Nombre de pages128

Poids162 g

Prix 16,00 €
Feuilleter

Extrait de la préface de Lionel Ray

La poésie de Sylvestre Clancier est toute d’impressions,
effervescente, interrogative, elle procède par touches, notations
brèves, en appelle aux errances de la rêverie et de la mémoire — toutes
deux confondues, indémêlables […] Souvenirs à demi rêvés : son domaine
personnel en même temps qu’il fait écho à Nerval ou à Verlaine
(« Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? ») Ou bien serait-ce une maison
de campagne, les journées buissonnières, l’île de Ré, une sœur
(Juliette), le voisinage d’André Frénaud :

Maintenant la maison, ses cours et son jardin
sont en toi. Tu sais qui est là, de l’autre côté,
te regarde, te fait signe en silence.

[…] Dans le poème il semblerait que le temps fait halte, s’étire,
cristal et brume tout ensemble. […] Le fi n brouillard des heures et
des joies et ce petit « goût d’éternel » que Jean Follain cherchait à
formuler.
Néanmoins le poète ne rend pas compte seulement des circonstances
d’ordre privé. […] C’est l’incompréhensible et sanglant feuilleton
du siècle, le cimetière des morts anonymes, des échos d’époque
aussi avec son désordre joyeux, ses fanfares, ses éclats, ou encore
la misérable épopée des vies minuscules, ou « les fusillés du petit
matin » un certain onze novembre, au Mont Valérien. Et quelques
échappées du côté des arts, Buffet, Vasarely, etc.
Sylvestre n’a pas besoin de forcer la voix. Il lui suffi t dans des vers
simples comme le vent, de nous donner à respirer un air pur, et de
nous communiquer le sentiment que ce qui tremble entre les mots,
c’est cette autre chose qu’on appelle poésie, selon le mot de Guillevic.

(extraits)

VOIS CE CIEL

Tu t’inventes des vies que tu eus pu connaître
elles forment les nouvelles que tu offres au matin
aux oiseaux, à ton chien.
Tu les composes dans ton jardin secret
à l’ombre de l’heure lente
où s’ouvrent les joies blanches
ou les fleurs de tristesse
quand les mots dans ta gorge
se nouent jusqu’au silence.

Vois ce ciel qui apporte la pluie
referme tes paupières
pour en accueillir d’autres
peut-être le soleil.

*

RECONNAIS CES MUSIQUES

Écoute ces pas de danse endiablés
sur les terrasses près de la Conche à l’île de Ré
reconnais ces musiques qui montaient
au milieu de l’été.
Elles viennent à ton oreille des lointaines saisons
tu n’étais qu’un enfant qui voyait ses parents
s’amuser follement, rayonnant et sautant
sur les traces d’un monde qui bientôt
ne serait plus le même.