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Voir venir Laisser dire (Jacques Ancet)
Voir venir Laisser dire (Jacques Ancet)

Jacques Ancet

Voir venir Laisser dire

poésie

EditeurLa rumeur libre

CollectionLa Bibliothèque

Date de parution04/2018

ISBN/code barre978-2-35577-138-5

Format (mm)141 x 192

ReliureCahiers cousus, couverture avec rabats

Nombre de pages144

Poids179 g

Prix 17,00 €
Feuilleter

Un état singulier de l’inquié-
tude humaine se traduit par
ce mot: voir venir. […] On
voit venir. Quoi ? On ne sait.
Qui ? On regarde.
(Victor Hugo, L’homme qui rit.)

(extraits)

VOIR

I

Derrière les mots fermés,
la brume, les oiseaux noirs.
On voit des couleurs absentes.
On ne voit rien. Ou peut-être
quelque chose. La pluie tombe.

J’ouvre une parenthèse, dit-il,
je ne sais quand je la ferme.
(Images et cris sont restés
suspendus au bord du jour).
Je ne pense pas, je vois
ou plutôt, dit-il, j’écoute.
Ce que je vois, je l’entends.
Le ciel comme un drap, des feuilles:
j’entends ces mots, et je vois.
Et mes yeux n’y sont pour rien.

Ou peut-être, si, quand même,
chaque mot en a besoin
pour se donner une image.
On dit oiseau, on dit chêne
et on voit ce qu’on entend.

II

Mêmes lieux, même lumière.
La voix à côté : on peut
la comprendre. Mais non. Une autre
parle plus près. On l’écoute.
Le silence est plus profond.

La neige comme une métaphore.
Dans les yeux, des mots se pressent.
Les énumérer ne sert à rien.
On dit quand même : bol, gel, pied.
Que voit-on qu’on ne voit pas ?
Que voit-on dans le jour bas ?
L’attente est blanche. On se serre
entre hier et demain. Ici
dans un instant de doigts froids.
Le présent est sans visage.

Le peu qu’on entend des voix
est un chemin vers ce qu’on
ne sait pas. La main se pose
sur la main. Les choses perdent
leur nom. L’heure n’est plus l’heure.