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Fuir l'hiver (Luis Antonio de Villena)

Luis Antonio de Villena

Fuir l'hiver

Préface et traduction de l'espagnol par Annie Salager

EditeurLa rumeur libre

CollectionPlupart du temps

Date de parution02/2012

ISBN/code barre978-2-35577-018-0

Format (mm)121 x 182

ReliureDos carré collé, cahiers cousus

Nombre de pages96

Poids105 g

Ouvrage publié avec le concours de la Région Rhône-Alpes. Titre original Huir del invierno, 1ère édition chez Hiperion, Madrid, 1981.

Prix 12,00 €
Feuilleter

Ouvrage publié avec le concours de la Région Rhône-Alpes. Titre original Huir del invierno, 1ère édition chez Hiperion, Madrid, 1981.

(citation extraite de la préface d'Annie Salager)

« La poésie que j'aime est passionnée et savante. La poésie que j'aime raconte et danse. La poésie que j'aime a du rythme et de la cadence mais dédaigne la rengaine. La poésie que j'aime cherche la profondeur, méprise l'aridité. La poésie que j'aime jouit du mot mais n'est jamais logomachie. La poésie que j'aime est intensité et ardeur, même si parfois elle s'habille de froid: de neige bleue; de flocons incarnats...Les poètes que j'aime, il en est mille. L'histoire de la poésie est ma poésie et mon histoire. Mes poètes sont légion. Je m'accorde à leur légion, j'unis mon éclat à leur éclat. J'existe par Cavalcanti et par Campoamor, par Pound et par Manuel Machado, et aussi par les merveilleux poètes mineurs (qui souvent ne le sont pas) comme Henri Jean-Marie Levet.

« J'aime les poètes de l'attitude et les poètes du masque (je suis les deux) et, bien que j'adore le jeune rimbaldien paresseux qui meurt dans l'abîme, au bord de la galaxie des nuits, je n'adore pas moins l'érudit qui travaille dans son laboratoire, savant jusqu'au paroxysme, hypocondriaque, saturnien, lascif, vivant de songes, de livres et de bordels […] Pourrais-je oublier le dieu Pan? Ceci n'est pas une poétique, évidemment. Déséquilibré, fouineur, tendre, halluciné, rationaliste, enfant, plein de maturité, je suis -par dessus tous mes écrits- poète. Je ne l'ai pas voulu. ça a été. Tels sont mes privilèges. Humain et absurde. Les barmen le savent, les mannequins hautains et beaux garçons, et les innombrables apprentis poètes. »

(extrait de Luis Antonio de Villena, Poétique, in Tropelias, Université de Saragosse, 1995.)

(extraits de la préface d'Annie Salager)

Fuir l'hiver est le livre du désir et de l'hédonisme. Il dit le Désir, figuré par le Sud; un sud subversif par son intensité même quand la norme est qu'il y ait de l'hiver; un sud qui, pour exister depuis l'expérience et à travers l'imaginaire d'un livre, exigera tout du poète, le plaisir des corps mais aussi l'amour absolu, le bond hors du temps mais aussi la chute du perdant. Si les morts, eux, habitent un étrange paysage polaire de palmiers et de glaciers bleus, le sud est un pôle aimanté, il attire la vie, qui est jeunesse et désir « d'aller vers un été plus grand, inexistant », dit l'une des dernières Elégies de l'ouvrage.

Une parfaite maîtrise d'écriture et une remarquable économie de moyens permettent à Luis Antonio de Villena l'expression d'une telle expérience vitale et artistique, dans son ampleur et sa diversité, où l'ironie, la tendresse, la nostalgie, la gravité ne cessent de jouer leurs partitions. Si l'élégance et la fluidité du style viennent de sa simplicité rigoureuse, celle-ci est polie par une immense érudition, une culture véritablement recréée, créative. Simplicité qui, pour dire la rudesse, la violence, la corruption et la beauté mêlées, l'auto-dérision, la peine pudique et la sourde tristesse, la brusque apparition de la beauté et le désir toujours, sait justement utiliser aussi le vocabulaire le plus quotidien, les conversations de bar et de rue, et même, pour obtenir quelque effet, se souvenir de la musicalité du cuplé, ces chansons sentimentales ou picaresques du début du siècle. Désir et langage ne cessent pas d'inventer tout au long du livre une distance où respire le poème, dans une dynamique de liens réciproques.

Puisque Luis Antonio pose au départ que seule compte la vie, le poème ou sa corporéité va naître d'une tension déjà notée dans ses livres précédents, tout à fait propre à l’œuvre du poète, reconnaissable et portée par la sobriété expressive.