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Pensées de porcelaine noire (Dominique Sampiero)
Pensées de porcelaine noire (Dominique Sampiero)

Dominique Sampiero

Pensées de porcelaine noire

Elégie

EditeurLa rumeur libre

CollectionPlupart du temps

Date de parution09/2016

ISBN/code barre978-2-35577-124-8

Format (mm)141 x 192

ReliureCahiers cousus, couverture avec rabats

Nombre de pages176

Poids213 g

Prix 20,00 €
Feuilleter

(4ème de couverture)

Puis je m’avance vers des êtres qui ont oublié d’apprendre à lire et à écrire, tendus à refuser la langue qui pourrait révéler leur infini. Je me penche dans leur parole pour entendre à quel moment elle se déchire. Je me penche et tombe dans leur nuit jusqu’au dernier soupir de ma parole dans leur présence. J’apprends mot à mot leur langue trouée, je la recopie. J’essaie d’entendre à quel endroit l’infini cogne sur leurs tempes et comment leur souffrance invente un alphabet dont chaque signe recrache la chair de leur immense blessure. Ce qui vient me désigne comme taraudé avec eux par la même vacuité de sel et de larmes. La même lacune d’un dieu effrayé par le vide. Un bégaiement recouvre ma pensée des fleurs enivrantes du manque et ce nocturne de mains serrées sur ma poitrine dessine sur mon visage la lumière qui va me perdre un jour pour continuer de voir ma mort en face.

(Extrait)

À vous mes morts. Ces lignes de route. Rides ou blessures dans le Juillet des peaux. Ne dites rien. Ouvrez les portes. Je viens mourir un peu vers vous. Chuchotez dans mes veines ce texte d’amour. Tout s’oubliera en moi pendant que je vous parle et vous me direz où aller.

Si ce lieu n’existe pas et que vous êtes tombés en poussière dans la faïence des corps, vous m’inventerez une présence par cet interstice de la pensée et je parlerai de vous, aux vivants.

Ils refermeront ces pages en me dénonçant à leur pouvoir, à leur refus, à leur mépris. Je ne crains pas ce déni des grands-fonds. On prendra mon livre pauvre pour ce qu’il n’est pas. Un geste morbide pour gifler la beauté, rassembler votre souffle à toutes les pluies tombées sur nos racines.

J’évoquerai à voix haute l’élan qui vous tient unis au plus vaste. Je me ferai tout petit, je le jure, dans cette évocation arrachée aux lucioles de vos cercueils.

Maintenant que vous êtes loin, le papier brûle sous mes mains.

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