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Che vuoi ? n°42 (Che vuoi ? Revue de psychanalyse.)

Che vuoi ? Revue de psychanalyse.

Che vuoi ? n°42

Les psychanalystes et la psychiatrie

EditeurLa rumeur libre

CollectionRevue Che vuoi ?

Date de parution12/2014

ISBN/code barre978-2-35577-090-6

Format (mm)165 x 241

ReliureBroché

Nombre de pages184

Poids310 g

Prix 25,00 €
Feuilleter

Depuis les travaux de Freud sur les rêves, la sexualité des névrosés et ses interrogations sur le cas Schreber, les psychanalystes (les anglais, Lacan et d’autres)
se sont questionnés sur ce que la psychanalyse peut apporter au traitement des différentes psychoses.
Face à l’emprise grandissante de l’économie gestionnaire et de la psychiatrie classificatrice et normative dans les institutions psychiatriques, les psychanalystes, certains soignants et les patients continuent d’assumer leur désir de maintenir une place pour la parole libre.

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Éditorial

À la fin du xixe siècle, les découvertes scientifiques permettent, grâce à des machines de plus en plus complexes, des déplacements de plus en plus rapides et à l’industrie de se développer dans tous les domaines. Au même moment, la médecine, héritant des « lumières » du xviiie siècle, se dégage des conceptions religieuses (possession par le démon, dangerosité pour les autres), et se demande si la folie n’est pas une maladie mentale dont la cause reste à trouver. À l’hôpital de la Salpétrière, le professeur Jean Martin Charcot, constatant que les symptômes (souvent paralysies à cette époque ou malaises divers), des patientes dites hystériques ne recouvraient pas les données neurologiques et pouvaient être suscités par la stimulation de certaines zones corporelles appelées « zones gâchettes » singulières pour chaque malade, isole l’hystérie comme maladie psychique.

À Vienne, Sigmund Freud, après son passage chez Charcot, cherche le traitement et la pathogenèse des symptômes psychiques pour ses patients notamment en s’intéressant à leurs rêves et à leur sexualité. Dans la suite des conceptions de Philippe Pinel qui, au xviiie siècle, pensait que la maladie mentale a pour cause les émotions, ôtait les chaînes, l’asile des aliénés devient l’hôpital psychiatrique. Freud découvre « l’inconscient » humain en poursuivant ses recherches à propos des patients dits « névrosés ». Après la guerre de 1940-45, des médecins de guerre comme Wilfried Bion en Angleterre découvrent et soignent les névroses post-traumatiques, les neuroleptiques remplacent la camisole de force ou les chaines, les médecins des fous deviennent des neuropsychiatres chargés de soigner les maladies mentales (attribuées encore le plus souvent à une cause organique inconnue) et non plus les maladies ordinaires des fous, puis deviendront, lors de la séparation de la neurologie de la psychiatrie, dans les années 1970, des psychiatres. Enfin, la prise de conscience dans les milieux psychiatriques de l’existence de l’inconscient et de ses effets pour l’humain a libéré la parole des soignants et des malades : en 1940, à l’hôpital Saint-Alban, François Tosquelles, Paul Balvay (qui, lorsqu’il ira à l’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Bron, sera remplacé par Lucien Bonnafé) inventent et expérimentent avec d’autres soignants la Psychothérapie Institutionnelle. Celle-ci s’adresse à tous les patients hospitalisés qui, vu le développement des médications neurotropes et des consultations de neuropsychiatrie puis de psychiatrie s’occupant surtout des névrosés, sont souvent, mais pas toujours, du côté de la psychose. En 1958, David Cooper, Ronald Laing avec Grégory Bateson élaborent les principes de l’antipsychiatrie et leurs conséquences thérapeutiques dont Mary Barnes incarne la réussite. Depuis les années 1960, les soignants : médecins, internes, psychologues, bien que la psychanalyse soit ignorée à la faculté de médecine, se mettent à lire Sigmund Freud, Donald Winnicott, Mélanie Klein voire Jacques Lacan et Maud Mannoni, et certains entreprennent une psychanalyse personnelle. Cette dernière est alors considérée comme nécessaire, autant pour eux que pour assumer une fonction de thérapeute pour tout malade psychique. Dans des lieux privilégiés pour le traitement des psychoses chez les adultes comme La Borde et Saumery, ou bien chez les enfants, comme Bonneuil, la plupart des soignants, quel que soit leur diplôme, ont été ou sont en psychanalyse et la parole de chaque personne assumant un travail dans ces institutions est prise en considération.
Progressivement, dans certains hôpitaux psychiatriques, les psychanalystes, dans les limites d’un diplôme reconnu, interviennent pour travailler avec les équipes sur leurs difficultés et leur pratique ou bien pour assurer une présence auprès des malades dans un service ou dans une consultation facilement accessible. Parallèlement persiste une psychiatrie dont les présupposés basés sur des données statistiques et des causes organiques entrainent des prescriptions de grande quantité de neuroleptiques faisant la fortune de nouveaux laboratoires pharmaceutiques.

Depuis 10 ans, les professionnels des milieux psychiatriques répètent des protestations argumentées par la nécessité pour les patients d’avoir du temps avec des soignants compétents pour faire évoluer leur maturité psychique. Mais une certaine médecine inventorie les troubles psychiques selon des méthodes aléatoires et ne prouvant rien sur leur origine. Exemple : dans le Diagnostic and Stastiscal Manual of Mental Discorders (dsm5), le « Trouble Déficit de l’Attention Hyperactivité » (tdah). Ces troubles sont évalués et mesurés et sont l’objet de prescriptions arbitraires niant les configurations familiales et transgénérationnelles des enfants et des adultes et la valeur thérapeutique de la relation entre soignant et patient (enfant et sa famille ou adulte), valeur soutenue par les psychanalystes de tous bords. Les psychanalystes ne participant pas à ces conceptions de la médecine, reconnaissent les valeurs d’accueil, de tolérance et de soins des institutions psychiatriques et sont souvent prêts à y travailler de leur place. Certains psychiatres souhaiteraient faire participer des psychanalystes au dur travail de l’institution. Mais la psychanalyse n’y a plus droit de cité au regard des prescriptions : neuroleptiques, temps limité d’hospitalisation, thérapies comportementales, entre autres, qui empêchent sa possible efficacité. Ceux qui soutiennent l’écoute psychanalytique dans leur travail intra-hospitalier ou de secteur psychiatrique subissent des rétorsions diverses rendant leur tâche très difficile voire impossible.

Les pouvoirs publics, se référant à cette médecine déjà citée, sont sourds à ce que demandent les usagers : les patients et les professionnels qui assument d’être présents dans ces lieux où se mettent en scène ou se disent les grandes douleurs de l’humain. Les différents auteurs écrivant dans ce recueil, exercent à l’hôpital psychiatrique, ou dans le secteur psychiatrique, ou dans d’autres institutions ou dans le privé voire les deux, et développent comment s’affrontent, actuellement, les psychanalystes et la psychiatrie.

Le comité de rédaction

Che Vuoi ? no42

Les psychanalystes et la psychiatrie

Sommaire

Hommage à jean oury

Hommage à Jean Oury (1924-2014), Pierre Delion

Psychothérapies dans l’Institution

« Dedans, dehors », Françoise Nielsen

« Comment transmettre la psychanalyse  et la Psychothérapie Institutionnelle ? », Patrick Chemla

L’Atelier du non-faire, « Allons les fous des chs »

« La pratique psychanalytique au risque de l’institution », Simone Molina

Les psychanalystes et la psychose

Jacques Lacan, « Les Psychoses »

« Une refondation », Guy Dana

Antonin Artaud, « Lettre à Marthe Robert »

« L’éclipse de la métaphore : quand ce sont les choses qui nous écrivent en direct », Michel Hessel

L’Atelier du non-faire, « Le Couloir des oubliés »

Albert Londres, « Chez les fous »

« Les parents ont-ils les moyens ? », Nora Markman

Antonin Artaud, « Le Suicidé de la société »

« À perdre la raison », Thérèse Zampaglione

« Time is out of joint », Valérie Waill-Blévis

La maladie mentale et le politique

« De la psychanalyse : l’immuno-politique », Christophe Scudéri

L’Atelier du non-faire, « Il était une fois dans cet asile »

« Les Biais Incontournables du Trouble Déficit de l’Attention Hyperactivité (tdah) », Patrick Landman

Cabinet de lecture

Andrée Lehmann, L’Atteinte du corps, lecture par Marie-José Sophie Collaudin

Peter Trawny, Heidegger et l’antisémitisme, lecture par Richard Broda

Mireille Faivre-Engelhardt, Éboulis de silence, lecture par Raymonde Coudert