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Tout au long de la rivière jusqu’à l’origine du monde

Michel-René Bazin

article paru dans Le Croquant, 59-60, 2009, p.173

« Ce magnifique album présente un ensemble de paysages inédits réalisés entre 2002 et 2003. Selon le mot de l’éditeur, un déluge de dessins sur 24 panneaux qui composent 18 tableaux assemblés en polyptyques. L’ensemble couvre près de 100 m2 de dessins à la mine de plomb rehaussés à la gouache. Dans un long récitatif de vision, écrit Andrea Iacovella sur le rabat de couverture, Alain Pouillet noue un dialogue entre les paysages du Gand où il vit aujourd’hui et ceux du Sarmon de son Allier natal. L’attente, la pénombre, sont le bien commun où toute espérance d’humanité s’inaugure. Les pages natales de terre noire sont là, dans le mystère d’un éveil renonçant au sommeil. Elles sont la consolation d’un exil, le prodige d’un rêve désaltéré. Ce même dialogue se poursuit avec la dédicace que l’auteur nous adresse : « Voici l’ouvrage d’une promenade en dessin au bord de la rivière, ombre et lumière, bruissement des pas, à demi-ombre et lumière. Loin des bruits et des remous du monde. »
[…]
« Art-thérapeute à l’hôpital Saint Jean de Dieu à Lyon, Alain Pouillet anime aussi des ateliers de peinture, mais il est d’abord un créateur. Il a participé à plus de 120 expositions individuelles et collectives en France et à l’étranger. Andrea Iacovella a déjà publié de nombreux textes sur l’œuvre d’Alain Pouillet. La préface qu’il a écrite pour les dessins d’Alain Pouillet, Récitatif de vision, est la plus belle entrée en communion avec cet univers d’eau, de pénombre et de lumière. Sorte de poème amniotique, « silhouette filigranée muette » mais si vivante, par la grâce et l’alliance du dessin et des mots son texte nous accompagne tout au long de notre rivière jusqu’à l’origine du monde. L’œuvre d’Alain Pouillet témoigne que l’originalité et la beauté peuvent encore être conciliées dans l’art, malgré tout ce qui s’est passé depuis plus d’un demi-siècle.»